Lait, OEuf, Miel, telle est la recette de la trilogie du réalisateur turc Semih Kaplanoglu dont le dernier volet vient d’être récompensé par l’Ours d’Or au Festival International du Film de Berlin. Yusuf, le personnage principal de Miel, que l’on retrouve adulte et poète dans les deux autres films du triptyque, est un très jeune garçon qui, tout en faisant l’apprentissage des mots, découvre l’intense beauté, mêlée de cruauté, de la nature.
Le film s’ouvre justement sur une vertigineuse scène de récolte de miel à la cime des arbres qui définit immédiatement le style du cinéaste : tournée sans musique, avec lenteur, celle-ci laisse le temps à chaque chose de manifester sa valeur symbolique. Pourtant, si ce parti pris de « réalisme spirituel » subjugue, difficile de se laisser captiver par une narration plutôt obscure. D’une esthétique sublime, Miel vaut donc surtout pour l’expérience d’un cinéma la fois visuel, sensuel et presque tactile qu’il propose.